En tant qu’avocate de formation, je suis profondément convaincue d’une chose : le droit de l’environnement est l’un des leviers les plus puissants dont nous disposons pour gagner durablement les batailles en faveur du vivant. C’est ce qui en fait une des dimensions de mon engagement à la LPO qui me tient particulièrement à cœur.
La LPO mène depuis de nombreuses années un travail juridique considérable. Elle intervient pour faire respecter le droit de l’environnement, notamment face à certaines pratiques de chasse contraires aux règles de protection des espèces, mais contribue aussi, par ses recours, à faire évoluer la jurisprudence.
J’ai personnellement vécu l’un des épisodes les plus marquants de cette histoire avec le procès de l’Erika, auquel j’ai participé, en tant qu’avocate, à la défense des parties civiles. La LPO s’était elle aussi constituée partie civile pour faire reconnaître les dommages considérables causés aux oiseaux et, au-delà, à la nature elle-même. Ce procès a marqué une étape majeure dans l’histoire du droit français de l’environnement, avec, pour la première fois, la reconnaissance du préjudice écologique. Les longues années de procédure qui ont suivi la marée noire m’ont profondément marquée et continuent d’influencer ma manière d’aborder les combats environnementaux.
Cette expérience a aussi renforcé une conviction qui ne m’a jamais quittée : la science et le droit sont deux piliers essentiels de notre action collective.
La science d’un côté permet d’établir les faits, de mesurer l’état des populations et des écosystèmes, de documenter les menaces et d’évaluer les solutions. Le droit permet lui de transformer cette connaissance en règles, en obligations et, lorsque cela devient nécessaire, en décisions qui s’imposent à tous.
Les associer permet de sortir autant que possible des affrontements purement idéologiques. Que ce soit sur la chasse, la protection des espèces, les atteintes aux milieux naturels ou les grands projets d’aménagement, notre responsabilité est de partir des faits, des connaissances scientifiques et du droit applicable. Puis de nous battre pour les faire respecter. Et, lorsqu’ils ne protègent pas suffisamment le vivant, pour les faire évoluer.
C’est cette articulation entre science, droit et action qui constitue, à mes yeux, l’une des grandes forces de la LPO. Et probablement l’une des raisons pour lesquelles, après toutes ces années, je reste autant attachée à cet engagement.