Le 6 septembre, la Fabrique de la Diplomatie 2025 a réuni une salle comble, portée par une énergie particulièrement stimulante : beaucoup de jeunes, de futurs diplomates, et une attention réelle pour les enjeux de planète qui structureront leur action demain. Dans ce cadre, l’IRD organisait une table ronde intitulée « De l’UNOC à la COP30 : comment porter la voix des sciences dans les négociations internationales ? ». Un sujet central, tant la crédibilité des décisions dépend aujourd’hui de notre capacité à relier la preuve scientifique, l’urgence écologique et la mise en œuvre.

Les échanges ont permis de rappeler ce que l’UICN apporte de spécifique dans cet écosystème : une organisation hybride qui réunit États, agences gouvernementales, ONG, scientifiques et représentants de peuples autochtones, et qui joue un rôle de pont entre expertise et décision. Sa crédibilité repose notamment sur un socle scientifique solide, porté par des centaines d’experts et des outils de référence comme la Liste rouge des espèces menacées, qui compte désormais plus de 170 000 espèces évaluées. L’enjeu, ensuite, est de transformer cette complexité en messages utilisables par les négociateurs : synthèses claires, formation des décideurs, et appui à des compromis qui ne trahissent pas l’essentiel.

Un constat s’est imposé : la place des sciences a progressé dans les sommets internationaux, mais de manière inégale. Les rapports du GIEC et de l’IPBES sont désormais omniprésents, et l’UNOC a vu émerger des initiatives de synthèse comme le baromètre Starfish. Pourtant, l’écart reste important entre ce que la science documente et la vitesse de mise en œuvre. D’où une priorité : créer des espaces de dialogue permanents entre scientifiques et décideurs, mais aussi renforcer la mobilisation collective pour que la science ne soit pas seulement entendue – qu’elle guide réellement l’action, des négociations internationales jusqu’aux politiques publiques sur les territoires.
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